Le dieu Eros et la Saint Valentin

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A l’approche de la Saint Valentin, La Grèce Autrement vous propose de redécouvrir la mythologie et l’histoire du dieu de l’amour, le dieu Eros, ainsi que quelques faits peu connus sur le Saint des amoureux.

Dans la mythologie primitive, Eros constitue une des cinq divinités primordiales. C’est le seul qui n’engendre pas mais qui permet à Chaos et Gaïa de le faire. Il est réputé beau et immortel. La mythologie a développé de multiples théories sur sa naissance. Eros est tour à tour considéré comme engendré par Ouranos et la mer, ou comme l’enfant d’Aphrodite et d’Hermès. Il a alors pour frère Anteros, le dieu de l’amour mutuel, et pour soeur Harmonie.

Statue Eros Lysippe
Statue d’Eros par Lysippe

À l’origine, Eros est représenté comme un être androgyne. La figure du jeune homme ailé n’apparaît qu’à la fin du VIème siècle avant notre ère. Sa représentation devient très populaire à partir du Vème siècle avant JC. Par la suite, il est plus fréquemment associé avec Aphrodite et le monde des femmes, notamment sur les vases nuptiaux. L’arc et le carquois sont ses attributs habituels à partir du IVème siècle avant JC. L’exemple le plus célèbre est sans doute la statue d’Éros bandant son arc, attribuée au sculpteur Lysippe. C’est à l’époque de la Renaissance que la représentation du Eros ailé est peu à peu assimilée aux anges. Du reste, cette représentation est aujourd’hui tout à fait typique de l’image de Saint Valentin.

Psyché et Cupidon
Psyché et Cupidon

Même si Eros fait partie intégrante de la mythologie Grecque, la fête de Saint Valentin du 14 Février ne trouve pas de racines dans l’histoire ancienne. Ce n’est que depuis 1977 que la Grèce fête le saint des amoureux. Pourtant Saint Valentin réside en Grèce, et plus précisément à Athènes ! Ses reliques reposent en l’église paroissiale des Italiens à Athènes : San Francesco e Santa Chiara, située près de la place Victoria au nord de la place Omonia. Mais comment les restes du saint se sont-ils retrouvés en Grèce ?

Saint Valentin, martyre, fut décapité à Rome le 14 Février 268, puis enterré dans les catacombes. On perd toute trace du saint jusqu’en 1815, date à laquelle sa tombe est découverte. Le commerce des reliques saintes aurait pu lui être fatal, mais les reliques du saint sont préservées et données à un prêtre originaire d’une famille noble Italienne de la région des Marches, en Italie centrale. Pour une raison qu’on ignore, un siècle plus tard, cette famille est propriétaire d’une église catholique de l’île de Lesbos, et les reliques réapparaissent en 1907 alors que l’île est toujours dans l’empire Ottoman (cette partie de la Grèce ne redeviendra Grecque qu’en 1912). Ainsi, dans l’église catholique Notre Dame trouve-t-on sous la sainte table les reliques de Saint Valentin. En quittant l’île en 1990, les capucins emmènent à Athènes les reliques qui sont désormais dans l’église Italienne et catholique de San Franceso e Santa Chiara. On y célèbre tous les 14 Février une messe solennelle en fin de journée. Le prêtre termine son office en bénissant des roses rouges qui sont offertes à tous les fidèles de l’assistance.

Comme dans le monde entier, la Saint Valentin est souvent pour les couples athéniens l’occasion de passer une soirée romantique. Les lieux privilégiés à Athènes sont alors le mont Lycabette, la colline de Philoppapou ou le rocher de l’aréopage d’où l’on peut assister au coucher de soleil rosissant les marbres du Parthénon.

L'acropole vue de Lycabete
L’acropole vue de Lycabete